La douleur à l’aine est fréquente chez les sportifs, surtout chez ceux qui courent beaucoup et frappent souvent dans le ballon.
Quand elle dure, on se demande si c’est grave et s’il faut consulter. Cet article explique ce qu’est la pubalgie des adducteurs, comment la reconnaître, comment elle se soigne et quand reprendre le sport.
Quand faut-il consulter ?
Les signes qui justifient un avis médical rapide
Certains signes ne doivent pas attendre. Consultez vite si la douleur vous empêche de marcher normalement, si vous boitez ou si elle augmente d’un jour à l’autre. Une douleur qui persiste au repos ou la nuit compte aussi.
Après une chute, si vous ne pouvez plus prendre appui sur la jambe, l’évaluation doit être urgente. Il en va de même pour une douleur testiculaire brutale et intense.
Une boule à l’aine très douloureuse, qui ne rentre plus, surtout avec vomissements ou ventre gonflé, peut être une hernie bloquée. Dans ce cas, il faut aller aux urgences tout de suite.
Ce qui peut attendre un rendez-vous ordinaire
Une gêne légère après un effort peut souvent être surveillée chez vous, à condition de suivre ces repères :
- Une douleur légère après un effort peut attendre quelques jours, à condition qu’elle baisse peu à peu.
- Si elle ne gêne pas la marche, la surveillance suffit et vous pouvez continuer vos activités calmement.
- Si elle persiste plusieurs jours ou s’aggrave, prenez rendez-vous. Commencez par votre médecin généraliste, dont la consultation de secteur 1 coûte 30 € de base, et qui peut vous orienter vers un médecin du sport.
Qu’est-ce qu’une pubalgie des adducteurs ?
La pubalgie, un ensemble de douleurs plutôt qu’une lésion unique
La pubalgie n’est pas une lésion précise. C’est le nom donné à une douleur qui se situe autour du pubis et de l’aine, la zone du bas du ventre où la jambe rejoint le tronc.
Cette douleur peut venir des muscles, des tendons, de la paroi du ventre près de l’aine, de la symphyse pubienne (l’articulation entre les deux os du pubis) ou de la hanche.
Le siège de la douleur ne suffit donc pas à dire quelle structure est touchée. Pour cela, il faut un examen.
La forme des adducteurs : insertion, tendon ou jonction muscle-tendon
Les adducteurs sont les muscles de l’intérieur de la cuisse. Ils rapprochent la cuisse de l’autre jambe. Chez le sportif qui a mal à l’aine de façon durable, c’est la forme la plus souvent retenue.
La douleur peut venir de l’insertion, c’est-à-dire de l’endroit où le tendon s’attache à l’os. Elle peut aussi venir de la jonction muscle-tendon, la zone où le muscle devient tendon. Ces atteintes peuvent même se cumuler.
Pourquoi survient une pubalgie, et comment l’éviter ?
Les causes et les facteurs de risque
Ce sont surtout les sprints, les changements de direction et les frappes de balle qui sollicitent fortement les adducteurs. C’est pour cela que le football est souvent associé aux douleurs de l’aine.
Si vous augmentez vite le volume ou l’intensité de vos séances, les muscles peuvent ne plus suivre. Une récupération insuffisante et un échauffement trop court y contribuent aussi.
Pour comprendre le rôle des muscles qui stabilisent le bassin à chaque pas, lisez la page sur les muscles abducteurs de la hanche.
La prévention de la récidive
Pour progresser sans rechuter, reprenez l’entraînement par étapes. Commencez par des séances légères et augmentez la charge selon votre douleur. Gardez les sprints et les changements de direction pour la fin.
Renforcez aussi, progressivement, les adducteurs, les abdominaux et les muscles qui stabilisent le bassin. Ce travail fait partie de la prévention : un bassin plus stable limite les tensions sur l’aine. Faites-le régulièrement, pendant toute la saison.
Comment la douleur se manifeste
La douleur se situe le plus souvent à l’intérieur de l’aine, près du pubis. Elle peut devenir sensible quand vous appuyez sur l’endroit où les muscles s’attachent à l’os.
Elle peut arriver d’un coup après un mouvement brusque, ou s’installer peu à peu à force de répéter les mêmes efforts. Dans ce cas, la gêne revient à chaque séance.
Certains gestes réveillent la douleur, et d’autres signalent une autre cause :
- La course, surtout les accélérations et les changements de direction.
- Les frappes, comme un tir ou un coup de pied.
- La marche rapide ou les escaliers, quand la gêne augmente.
- Une boule à l’aine qui ressort quand vous toussez ou poussez. Elle fait penser à une hernie, pas à une atteinte isolée des adducteurs.
Comment le diagnostic est posé
L’examen clinique et l’interrogatoire
Pendant la consultation, le médecin commence par vous poser des questions. Il veut savoir où vous avez mal, depuis quand, quels gestes déclenchent la douleur et comment votre entraînement a changé. Ces réponses orientent tout le reste.

Il palpe ensuite l’aine et teste la hanche et les adducteurs, ces muscles internes de la cuisse. Douleur à la palpation et douleur quand vous rapprochez la cuisse contre résistance : ce sont les signes clés.
Il peut aussi reproduire la douleur en rapprochant votre cuisse contre sa main. Si elle revient à ce moment, le diagnostic devient plus solide.
L’échographie et l’IRM
La radiographie examine les os du bassin et de la hanche. Le médecin la demande s’il soupçonne une atteinte osseuse ou articulaire.
L’échographie cherche une vraie hernie ou une faiblesse de la paroi abdominale si la douleur est à l’aine. L’IRM du bassin sert si le diagnostic reste incertain ou si la douleur ne s’améliore pas après le traitement initial.
L’IRM n’est pas nécessaire pour chaque douleur de l’aine. Comptez 69 € pour l’acte du radiologue en secteur 1, auxquels s’ajoute le forfait technique.
Comment se soigne la pubalgie
La rééducation et les exercices
Le traitement commence par un repos relatif. Arrêtez ou réduisez les gestes qui déclenchent la douleur, mais inutile de cesser toute activité si certains mouvements restent indolores.

Ensuite, la kinésithérapie active, supervisée par un professionnel, est le traitement de première intention. Elle travaille la mobilité, le renforcement et le contrôle du bassin.
La rééducation se fait par étapes, avec votre kinésithérapeute :
- Vous commencez par des contractions sans mouvement.
- Vous passez ensuite au renforcement avec mouvement, puis aux gestes de votre sport.
- Les sprints, les changements de direction et les étirements qui réveillent la douleur sont évités au début, puis repris par étapes.
Infiltrations, chirurgie et ténotomie
Les anti-inflammatoires ne conviennent pas à tout le monde et ne doivent pas être pris sans tenir compte de leurs risques. Demandez conseil à un médecin ou un pharmacien, surtout si vous avez une autre maladie ou un traitement.
Une infiltration ne se fait pas sans avis médical : des corticoïdes injectés près d’un tendon peuvent le fragiliser. La chirurgie se discute seulement si un traitement bien conduit échoue.
Combien de temps dure une pubalgie ?
La durée dépend du type de lésion et de son ancienneté. Une déchirure partielle des adducteurs demande 2 à 3 mois avant le retour au sport, et une douleur ancienne 3 à 4 mois.
C’est pourquoi une prise en charge précoce compte : plus tôt on traite, moins la douleur risque de s’éterniser.
Pour reprendre le sport, regardez d’abord la douleur pendant les gestes simples, puis pendant ceux du sport.
| Critère | Attendu | À surveiller |
|---|---|---|
| Palpation, étirement, contraction des adducteurs | Peu ou pas de douleur | Une douleur nette à chaque geste |
| Sprints et changements de direction | Tolérés sans douleur | Une douleur qui oblige à arrêter |
| Après une chirurgie de la paroi abdominale | Entraînement au 3e mois, sport entre le 4e et le 6e mois | Ces délais ne valent pas pour tous |
Retenez qu’une douleur à l’aine qui dure, qui s’aggrave ou qui gêne la marche demande un avis médical. Seul un examen dit quelle structure est touchée.
Votre prochain pas : prendre rendez-vous chez votre médecin généraliste. Notez depuis quand vous avez mal et quels gestes la réveillent, cela l’aidera à cibler l’examen.






